art indigène

“L’art indigène n’est pas une pièce archéologique, folklorique ou un fétiche à consommer.”

– Ticio Escobar

L’interprétation occidentale n’a pas su mettre en évidence le caractère artistique des objets qui portent en eux la culture, la spiritualité et l’amour de la terre de chacune des communautés. Le Paraguay en compte dix-neuf appartenant à 5 familles linguistiques d’où naissent une pluralité de techniques, matières, savoirs-faire et histoires. 

La reconnaissance et la promotion de chacune est indispensable à la survie de leurs peuples.

Tekoharte - Art Indigène Fils

Tissus

Les tissus des communautés Nivaclé et Manjuy proviennent de la fibre d’une plante appelée Karaguata.

La cueillette de ces plantes dans le Chaco, l’extraction de leur fibre, la teinture naturelle et le tressage sont le travail exclusif des femmes depuis l’origine.

Celles-ci confectionnaient des objets utilitaires dont les motifs et couleurs identifiaient leur appartenance ethnique et leurs origines géographiques.

Les procédés de fabrication respectent la tradition, seule l’utilisation change en leur donnant une reconnaissance artistique.

  • Technique : tissus maille, filet.
  • Outils : maillet en bois, support en pierre ou en bois, machette, pots de teinture, aiguille.
  • Matières premières : karaguata, racines, eau, feu, feuilles, écorce et résines pour pigmenter les fibres.
  • Principaux produits : sacs, plumes d’art, ceintures de repos (pamoi), poivrières, boucles d’oreilles et bracelets. Auparavant jupes (Ayoreo) et gilets (Ishir).
  • Principales régions de production : Alto Paraguay (Carmelo Peralta, Bahía Negra), Boquerón (Boquerón, Filadelfia, Loma Plata) et Presidente Hayes (Lt. Manuel Irala Fernández).

Encres

Le dessin, spécialement réalisé au stylo noir sur papier, est une pratique observée dans les communautés indigènes Nivaclé du Chaco central, plus précisément dans les localités où l’anthropologue suisse Verena Regehr travaille depuis plusieurs années. Cette pratique est née d’un concours promu par l’anthropologue, où, à travers le dessin, s’exprime la mémoire des peuples. Actuellement, il existe des artistes indigènes renommés tels que : Clemente Julius, Osvaldo Pitoe, Marcos Ortíz, Jorge Carema, Esteban Klassen, Floriberta Fermin, entre autres, qui ont exposé leur travail dans des centres culturels et/ou des musées au niveau national ou international.

La principale caractéristique observée dans ces œuvres est l’utilisation d’ombres et le contraste entre la figure et le fond que les artistes réalisent avec des éléments de base tels que le stylo noir et le carton blanc, créant ainsi de belles œuvres monochromes. Actuellement, c’est une pratique qui se répand parmi les jeunes des communautés. Parfois, les artistes indigènes utilisent à la place du carton du papier ou des panneaux de peinture.

  • Technique : dessin à la main.
  • Outils et matières premières : papier, carton, stylo, peinture.
  • Principaux produits : tôles.
  • Département(s) principal(aux) de production : Boquerón (Yiclôcat, Yacacvash, Cayin ô Clim, Campo Alegre).

Tressage mbya

Le Peuple Mbya Guarani se caractérise par la confection de paniers en takuapi et takuarembo (Chusquea ramassisima), décorés du guembepi (Philodendron bipinnatifidum) qui est extrait de l’écorce des racines aériennes du guembe. À partir de ces fibres, les artisans tissent différentes tailles, formes, tissages et dessins de paniers (ajaka) et de tamis (yrupe), ces derniers étant utilisés par les Mbya pour tamiser la farine de manioc et le maïs. La vannerie fait partie de la vision du monde de la culture Mbya. Les produits se caractérisent par des symboles géométriques qui représentent l’iconographie de leur culture. Aussi, selon la région où ils vivent, ils utilisent la karandilla et le chala comme matière première, pour l’élaboration de paniers.

  • Technique : tissé à la main.
  • Outils : ciseaux, colle, couteau machette et bande des légumes.
  • Matières premières : takuapi et guembepi préalablement trempés et ramollis dans l’eau pour leur donner douceur et souplesse. Karandilla et chala.
  • Principaux produits : tamis, paniers, thermos doublés, entre autres.
  • Principaux départements de production : Caaguazú (Vaquería, Raúl Arsenio Oviedo) et Guairá (Trinidad).

Source : Institut Paraguayen de l’Artisanat